Au Canada, un réacteur à sels fondus pour 2021

L’entreprise Terrestrial Energy Inc. (TEI) a été fondée fin 2012. Avec son siège dans l’Ontario, Canada, elle a comme mission de développer un réacteur à sels fondus opérationnel de démonstration à une échelle commerciale pour 2021 – entièrement sous licence et prêt pour un déploiement commercial important.

Terrestrial Energy Inc

Terrestrial Energy a été créé autour de David Leblanc (centre) et son portfolio de propriété intellectuelle. D’en haut à gauche : Louis Plowden-Wardlaw, Hugh MacDiarmid, Simon Irish, Canon Bryan, Paul McIntosh, John Kutsch, Bryan Mercer, Chris Popoff

TEI a annoncé lundi 31 mars que l’entreprise a clôturé avec succès son dernier tour de financement du capital d’amorçage, et que ce tour a été sursouscrit. Elle a également annoncé la nomination de Hugh MacDiarmid en tant que président du conseil d’administration. M. MacDiarmid a accumulé une vaste expérience de direction dans de grandes entreprises comme Énergie atomique du Canada limitée, où il a servi en tant que PDG de 2008 à 2011.

Le réacteur à sels fondus intégral de TEI est une conception petite et modulaire, avec des modèles allant de 29 MWe à 290 MWe – parfaitement adaptés pour les collectivités éloignées et les activités industrielles, y compris la fourniture d’énergie par réseau électrique ou hors-réseau.

IMSR FR

La technologie des réacteurs à sels fondus représente une révolution dans la sécurité nucléaire, la gestion des déchets, la résistance à la prolifération et la compétitivité du coût de l’énergie.

SMR FR

Le Canada présente un environnement légal et politique favorable pour l’entreprise, pour le développement, l’obtention de licences et le marketing d’un réacteur à sels fondus. Le conseil d’administration de TEI est composé de dirigeants des secteurs des sables bitumineux, des mines et de la finance.

Installation FR

L’entreprise a désormais le financement nécessaire pour progresser à la prochaine phase de conception amont, comme prévu. Le développement est prévu en 3 étapes:

i) Démarrage : Production d’un rapport de pré-concept.

ii) Production d’un rapport de design conceptuel.

iii) Construction et obention d’une licence. Développement commercial.

Ces 3 étapes doivent se terminer en 2021. Une phase de commercialisation de le technologie s’en suivra.

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15 réflexions au sujet de « Au Canada, un réacteur à sels fondus pour 2021 »

  1. Ce type d’information mérite une large diffusion . Le silence entretenu aotour des réacteurs au thorium fait penser à celui qui entourait les énergies marines. les écoles d’ingénieurs recoivent-elles ces messages ?

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    • Pas sûr que l’énorme potentiel des réacteurs à combustible liquide soit enseigné par les écoles d’ingénieurs, effectivement. Comme déjà mentionné, le déni de ce potentiel est une stratégie dangereuse. Alors, diffusons largement !

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  2. Sympa ces articles pédagogiques qu’on ne trouve nulle part ailleurs, y compris sur la réinfosphère.
    Il semblerait bien que des gens aient remarqué ou plutot retrouvé le potentiel des réacteurs à sels fondus et du thorium, çà va finir par se répandre mais on doit l’aider. Ce site est clairement la référence il me semble.

    Il faudrait un article qui traite des difficultés techniques de conception mise au point, de retraitement démantèlement, coût problématique éventuels, surtout qui réponde aux objections généralement formulées.
    Par exemple je retrouve dans les commentaires, généralement l’objection
    essentiellement des fortes radiations de l’u232
    la corrosivité des sels fondus
    Certains trouvent même qu’à long terme 100000ans, le bilan de dangerosité des déchets à longue vie n’est pas différente que celle de la filière uranium plutonium. Quelle mauvaise foi, en occultant la dangerosité de ces déchets en début de vie largement supérieure.
    çà fait peur de voir des fanatiques jouer avec des technologies aussi dangereuses.

    Puis mettre cet article en avant, à une place différente des articles d’actualité.

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    • Merci pour votre commentaire. Effectivement, le développement d’une technologie en rupture complète avec celle de l’industrie nucléaire actuelle n’est pas une mince affaire. Mais en refusant de travailler dessus, on est 100% sûr de ne pas y arriver.
      L’uranium 232 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Uranium_232) a une chaîne de décomposition qui amène rapidement à l’émission de 220Rn ainsi qu’à des émetteurs de radiation gamma forte à savoir: 212Pb et 208Tl.
      Les sels fondus sont effectivement très corrosifs, mais le prototype MSRE (1965-69) au laboratoire ORNL (USA) a permis de mettre au point des alliages pouvant répondre à ce problème, notamment le Hastelloy N (http://en.wikipedia.org/wiki/Molten-Salt_Reactor_Experiment#Structural_alloy_Hastelloy-N)
      Enfin la dangerosité des déchets dépend de la conception du réacteur et du système de retraitement associé. Notez que le réacteur de TEI prévoit l’utilisation d’uranium, pas le thorium, l’objectif étant de concevoir un réacteur à combustible liquide avec la conception la plus simple possible.

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  3. En 2021, on est en 2014, çà laisse moins de 7ans, çà va passer très vite, s’ils tiennent leurs promesses, cette révolution est pour demain.
    Tout ceux qui auront misé sur la filière conventionnelle à eau pressurisée vont se retrouver complètement hors-jeu. çà va être la ruine, pour ces industries d’abord, on comprend pourquoi les français sont complètement sourds. Et aussi pour les exploitants.

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  4. Bonjour,

    Cet article me fais penser que le Canada ( enfin, cette entreprise particulièrement) prévoit de développer des RSF les plus simples possible. Simplicité veut souvent dire fiabilité et sécurité ; les coûts de fabrication doivent également être minimisés. Je leur souhaite de vendre plein de mini mimi RSF : le marché potentiel est gigantesque !

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    • Ce qui est surtout intéressant au Canada, c’est que la commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN : http://www.cnsc-ccsn.gc.ca/fra/) est ouverte à l’idée de l’innovation. Son équivalent aux Etats Unis, le NRC (http://www.nrc.gov/) est structurée de façon à rendre l’innovation dans le domaine de la fission nucléaire très difficile et coûtante, voire économiquement impossible pour une entreprise nouvelle.
      Le Canada a également des réserves de pétrole très importantes, mais difficile à extraire (sables bitumineux). Une source d’énergie nucléaire bon marché pour générer de la vapeur pourrait rendre certaines de ces réserves économiquement profitables. Terrestrial Energy veut profiter de l’addiction nord américain au pétrole pour innover dans le nucléaire et faire une vraie transition énergétique.

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  5. Ping : Le Réacteur à Sels Fondus Simple | Energie du Thorium

  6. Je suis quelque peu déçu à vrai dire. Je ne comprends toujours pas pourquoi ils utilisent encore un modérateur et ne font pas de réacteurs surgénérateurs. Surtout qu’en cas de problèmes de refroidissement, un cœur en graphite, ça crame, et le problème est encore aggravé si ce graphite est hautement irradié. Néanmoins c’est un miracle qu’un pays commence à développer ce genre de technologie. Je pense juste que s’ils avaient juste un peu plus investis, ils auraient pu atteindre l’idéal.

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    • Il ne faut pas sous-estimer les difficultés dans le financement d’un projet de cet envergure. Construire et exploiter un premier réacteur à sels fondus sera un énorme exploit. Terrestrial Energy essaye de trouver le chemin le plus facile, rapide et moins cher pour être le premier à le faire. David Leblanc a dit plusieurs fois dans ses présentations que travailler avec les compagnies pétrolières serait un pont vers un monde sans pétrole. Il en est de même pour la surgénération. Tout dépend si on privilégie le coût ou la durabilité, et en 2014 il est plus facile de trouver du financement avec une technologie qui privilégie le coût.
      Le mieux est (parfois) l’ennemi du bien.
      http://energieduthorium.fr/2012/09/24/venez-thorium-restez-reacteur-dmsr/

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  7. Ping : Nucléaire : l’impératif de l’innovation | Energie du Thorium

  8. Ping : Nucléaire : l’impératif de l’innovation | Fission Liquide

  9. Ping : Le Réacteur à Sels Fondus Simple | Fission Liquide

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