
Kirk Sorensen et John Laurie devant la Tour Eiffel
Kirk était de passage à Paris avant la conférence ThEC13 au CERN.

Kirk Sorensen et John Laurie devant la Tour Eiffel
Kirk était de passage à Paris avant la conférence ThEC13 au CERN.
Le groupe régional Languedoc Roussillon – Vallée du Rhône de la Société Française d’Energie Nucléaire (SFEN) organise une Conférence sur les réacteurs au Thorium.
Elle aura lieu le jeudi 26 septembre 2013, de 18h à 20h, Avenue du Tricastin à Valence
La Fondation Ecologie d’Avenir a publié sur son site internet le compte rendu du colloque « Le nucléaire du Futur » du 22 novembre à Paris.
On y retrouve la présentation de Daniel Heuer : « Thorium et sels fondus », avec la vidéo et les diapositives de la présentation en format .pdf
Vous trouverez également ici sur energieduthorium.fr, la transcription de cette présentation. Voici quelques citations extraites de cette transcription:
Le cycle thorium est le seul alternative au cycle uranium
Trois avantages [du thorium] que l’on met en avant généralement :
Par rapport au cycle Pu […] les avantages qu’on obtient sont :
Quels sont les avantages d’un combustible liquide ?
Le MSRE […] a fonctionné à 8MW thermiques pendant 5 ans. Il n’y a pas eu de problèmes de corrosion, donc ce problème a été parfaitement résolu par les américains à cette époque là, grâce à la Hastelloy-N qui permet de manipuler ce genre de combustible sans problème.
On a pu définir un nouveau type de réacteur, […] qui a été baptisé “Molten Salt Fast Reactor”, donc le MSFR, qui a donc comme différence fondamentale par rapport au MSBR c’est qu’il n’y a plus de graphite. […] il a un certain nombre d’avantages, d’abord tous les coefficients de contre réaction sont très largement négatifs […] Et donc on a là un réacteur intrinsèquement stable, parfaitement sûr, qui n’a besoin […] ni de barres de commande ni de barres d’arrêt d’urgence : on arrête le réacteur en vidant le sel tout simplement.
Ce réacteur a été retenu par le forum international Gén. 4 en 2008
On a envisagé un réacteur incinérateur : puisque c’est un mange-tout, il peut aussi manger [les inventaires de fin de vie]
Le cycle thorium est le seul alternative au cycle uranium, donc il serait idiot de ne pas s’y intéresser
Le thorium est bien adapté au combustible liquide de type fluorure, et les fluorures trouvent tout leur potentiel dans le thorium.
Pour l’instant on travaille avec le projet Européen EVOL qui est un projet d’un million d’Euros pour dix labos européens, enfin pour 10 pays, sur 3 ans seulement. Donc c’est 300.000 Euros par an répartis entre 10 pays ça fait donc pas grande chose.
Image : Fondation Ecologie d’Avenir
Le Globe au CERN à Genève en Suisse sera le point de rencontre pour la conférence ThEC13, du 27 au 31 octobre 2013.
La conférence sera organisée par le « international Thorium Energy Committee (iThEC)« , récemment créé à Genève, en partenariat avec iThEO.
L’objectif de ThEC13 est de passer en revue les technologies de l’énergie du thorium, du R&D jusqu’aux développements industriels. La conférence couvrira l’amont et l’aval du cycle de combustible au thorium, l’utilisation du thorium dans les réacteurs critiques ainsi que les systèmes sous-critiques avec accélérateur, avec un accent particulier sur les développements dans les accélérateurs et la destruction des déchets nucléaires.
Suite au succès des conférences précédentes ThEC10 (Royaume-Uni), ThEC11 (Etats-Unis) et ThEC12 (Chine), iThEC souhaite rassembler les acteurs régionaux dans le développement des systèmes de l’énergie du thorium, pour faire le point sur les activités et promouvoir la coopération.
L’enregistrement est ouvert entre le 12 février et le 27 septembre 2013.
Texte : traduit du site indico.cern.ch
Images : Wikipedia, CERN
IThEO est l’organisation internationale pour l’énergie du thorium.
Suite au succès de la conférence ThEC12 à Shanghai, Chine entre le 29 octobre et le 1ier novembre, IThEO a publié sur leur site internet les vidéos de toutes les présentations.
Oui, on peut ! Le public était nombreux le 22 novembre rue de Poissy à Paris pour écouter scientifiques et industriels venus parler du « nucléaire du futur ».
Il faut d’abord souligner la qualité de l’organisation de ce colloque par la Fondation Ecologie d’Avenir, le lieu exceptionnel qu’est le collège des Bernardins, et la qualité de présentation de tous les intervenants. Merci à tous !
Mais si les intervenants de la communauté scientifique semblent prêts à imaginer un futur où le thorium jouerait un rôle majeur dans la production d’énergie, avec des ruptures technologiques pour améliorer rendement, sécurité et gestion des déchets, les intervenants coté industrie semblent convaincus que l’ancien nucléaire du futur demeure la meilleure voie à étudier et développer.

Quand Carlo Rubbia, Prix Nobel de Physique, prend le micro pour vanter les avantages de l’énergie du thorium, le Directeur de l’énergie nucléaire au CEA Christophe Béhar est-il un peu gêné ?
La France a certes accumulé une vraie expertise avec la technologie des réacteurs à neutrons rapides (RNR) au sodium comme Phénix et Superphénix, et on peut comprendre la volonté de construire sur cette expertise avec un programme comme Astrid (500 personnes, 10 entreprises). Mais une stratégie de recherche et développement devrait être basée sur une analyse rationnelle et impartielle du potentiel scientifique de chaque technologie, et regarder au-delà des technologies dont on a l’habitude.

Avec le programme ASTRID, la France a-t-elle mis tous ses œufs dans le même panier ?
Quand Daniel Heuer explique que le réacteur à sels fondus « Molten Salt Fast Reactor » (MSFR) développé par l’équipe CNRS / LPSC de Grenoble avec un budget minuscule a bien la capacité à devenir un réacteur industriel, qu’il est un « mange-tout », capable de transformer les déchets nucléaires des réacteurs actuels en énergie, de fonctionner au thorium, uranium ou plutonium avec une sécurité améliorée grace à un combustible liquide à pression atmosphérique, il faut qu’il soit écouté, et il faut ajuster la politique et la stratégie de la R&D française en conséquence.

Daniel Heuer : « Le MSFR est un mange-tout »
Il est bon de parler. Continuons ce débat, en toute transparence. Le public en est demandeur.
Jeudi 22 Novembre 2012, la Fondation Ecologie d’Avenir (Institut de France) organise un Colloque « Le nucléaire du futur » à 15h, Collège des Bernardins, 20 rue de Poissy, 75005 Paris (Inscription en ligne possible).
Le programme complet est ici. Daniel Heuer du CNRS Grenoble (LPSC) parlera de « Thorium et sels fondus ».
La Fondation Ecologie d’Avenir est sur facebook, ici.
Le samedi 13 octobre, des milliers de personnes ont manifesté à travers la France contre le nucléaire, selon un article paru dans Le Monde.

Sortir du nucléaire est certainement possible, sauf que 78% des français refusent de payer un prix plus élevé pour leur électricité :
(Source : sondage Tilder-LCI-OpinionWay, publié le 13 septembre)
Ce chiffre est en hausse de 6% depuis un sondage similaire en mars 2011.
La solution est de sortir du nucléaire des générations deux et trois, pour aller vers le nucléaire de génération quatre, et en particulier la solution la plus prometteuse de cette génération qui est le réacteur à sels fondus, associé au combustible thorium.
Nous pourrions alors bénéficier des avantages du nucléaire d’aujourd’hui :
sans les désavantages :
Dans un réacteur à sels fondus, une fusion du coeur est impossible – le combustible est déjà liquide. Le fonctionnement à pression atmosphérique permet d’éviter les énormes enceintes de confinement qui coûtent si cher dans les réacteurs à eau pressurisée (REP) des générations deux et trois. Le retraitement régulier du sel permet d’extraire uniquement les produits de fission, qui ont une radio-toxicité d’environ 300 ans seulement – un problème largement gérable. Les transuraniens (qui restent captifs dans le combustible solide d’un REP) retournent dans le réacteur pour fissioner et produire de l’électricité.
L’Allemagne est en train de sortir du nucléaire, avec des prix d’électricité en hausse et la construction de nouvelles centrales à charbon et à gaz – mais à quel prix pour l’environnement ?
Nous ne devons pas laisser la France et le monde sortir du nucléaire à n’importe quel prix.
« Changeons d’ère, CHANGEONS le nucléaire ! »
« Le mieux est l’ennemi du bien. »
Dans sa présentation à la quatrième conférence du « Thorium Energy Alliance » à Chicago en juin 2012, Dr. David Leblanc nous explique qu’il y a moult façons différentes de concevoir un réacteur nucléaire à sels fondus (RSF).
Le fichier .pdf de cette présentation est ici.
Il est important de comprendre que les RSF sont une famille de réacteurs. Sous certains aspects, tous les réacteurs de cette famille sont égaux :
… mais sous d’autres aspects, certains RSF sont plus égaux que d’autres. Et là, tout dépend des objectifs que l’on se donne.
Alors que la communauté scientifique se concentre sur la conception du meilleur RSF possible, pour optimiser des facteurs tels que prix de l’énergie et consommation de combustible (et c’est très bien!), David Leblanc cherche à identifier le RSF avec la conception la plus simple possible, pour réduire les barrières d’entrée à cette technologie et permettre son rapide déploiement.
Le thorium, avec une abondance dans la croute terrestre trois à quatre fois plus importante que l’uranium, représente certes le combustible optimal. Et un réacteur surgénérateur comme LFTR (USA) ou MSFR (France) représente certes la machine optimale pour exploiter son énergie. Mais l’uranium n’est pas l’ennemi d’un réacteur à sels fondus, et il existe une variante de RSF appelée DMSR (Denatured Molten Salt Reactor –> Réacteur à Sels Fondus Dénaturés) qui peut fonctionner avec un mélange thorium / uranium, ou bien avec de l’uranium uniquement, qui serait plus simple à déployer et auquel David Leblanc s’intéresse particulièrement.
Le concept du DMSR a été proposé par le Laboratoire National d’Oak Ridge (ORNL) en 1980. David Leblanc travaille sur une amélioration de ce concept qui aurait les caractéristiques suivantes :
Une application de cette technologie pourrait être l’extraction de pétrole des sables bitumineux au Canada, avec l’utilisation de la chaleur nucléaire pour générer la vapeur nécessaire à l’extraction « in situ » avec la technologie SAGD (Drainage Gravité Assisté par Vapeur).
Dans un réacteur surgénérateur, un retraitement régulier du sel est nécessaire pour éviter les pertes de neutrons dues à l’empoisonnement par les produits de fission. Mais c’est ce retraitement qui présente un des plus grands défis techniques, et donc une dépense importante en coûts de recherche et développement pour éprouver la technologie. Le DMSR pourrait permettre de bénéficier plus rapidement des avantages des RSF, et de développer en parallèle les concepts optimums surgénérateurs.
Les réacteurs à sels fondus sont connus pour leur association avec le thorium, mais le plus important serait de commencer dès que possible à bénéficier de leurs très grands avantages dans la génération d’énergie sans CO2, et d’augmenter notre expérience réelle dans leur conception, construction et opération. Le réacteur est donc plus important que le combustible.
Comme le dit David Leblanc, « Venez pour le thorium, restez pour le réacteur » !
Les britanniques commencent à s’intéresser à l’énergie du thorium. Sous l’impulsion de la Weinberg Foundation, il s’est tenu en avril au palais de Westminster une première commission inter-parlementaire (All Party Parliamentary Group – APPG) sur ce thème, avec comme sujet :
Y a-t-il un futur amélioré, plus sûr pour l’énergie nucléaire ?
Avec des présentations du Prof. Jim Al-Khalili OBE (University of Surrey, Dept. of Physics,), Prof. Robert Cywinski (University of Huddersfield, Dean of Applied Sciences), Prof. Robin Grimes (Imperial College London, Dept. of Physics), et de Rob Arnold (Conseiller scientifique, DECC – Department of Energy and Climate Change).
Dans une présentation équilibrée et construite avec soin, avec le titre : Le nucléaire du futur et l’énergie au Royaume-Uni – le thorium peut-il jouer un rôle?, Rob Arnold du DECC a décrit, avec un détail impressionnant, les avantages et inconvénients du thorium. Une interpretation de sa réponse à la question qu’il a posé serait : “oui, mais, et bien … peut-être.”
Les passionés du thorium peuvent se réjouir : on n’a pas entendu « non. » !
M. Arnold a dit que le thorium, “pouvait apporter plusieurs avantages,” y compris “une surgénération de combustible en cycle fermé potentiellement plus efficace, une radiotoxicité à long terme des déchets potentiellement moins importante, et une matrice pour l’isolation géologique des déchets potentiellement plus stable. » L’étendu de ces bénéfices serait dépendant du type de réacteur à thorium déployé.
M. Arnold fait bien son travail. Il fait partie d’un groupe DECC qui évalue le thorium, et l’évaluation est, pour l’instant, sans conclusion. Pour lui, le thorium fait partie d’une approche « voie ouverte ».
Source : article smartplanet de Mark Halper

Rob Arnold du DECC présente la position du gouvernement britannique sur l’énergie du thorium
En mai, le gouvernement britannique a publié un projet de loi qui cherche, entre autres, à encourager l’investissement dans le « nouveau nucléaire ».