Un grand débat national sur la transition à l’énergie du thorium ?

C’est la rentrée ! Le gouvernement français organise un grand débat national sur la transition énergétique, avec d’abord une conférence environnementale les 14 et 15 septembre qui arrêtera la méthode de ce débat.

rencontre avec les ong

Si vous lisez cet article, vous êtes peut-être une des personnes qui participera à cette conférence (partis politiques, ONGs, entreprises etc….). Alors prenez quelques minutes pour vous familiariser avec les avantages offerts par le thorium et les réacteurs à sels fondus en regardant cette vidéo.

  • Le thorium est abondant et pas cher. Il en existe assez pour satisfaire les besoins énergétiques de la planète pendant des millénaires.
  • Les réacteurs à sels fondus (RSF) seront moins chers à construire et à exploiter du fait de la simplicité relative de leur conception, comparés aux réacteurs actuels de génération 2 et 3. Les RSF peuvent également fournir une énergie moins chère que les combustibles fossiles.
  • Un RSF a un niveau de sécurité impressionnant. Le combustible est un liquide à pression atmosphérique, donc une fusion du coeur ou une perte de pression du liquide de refroidissement est impossible. Les sels de fluorure sont chimiquement stables et ne réagissent pas avec l’air ou l’eau.
  • 99% du combustible peut être converti en énergie, comparé aux réacteurs à eau légère actuels (0,5% à 0,7%).
  • Le fonctionnement avec un combustible liquide permet de séparer les produits de fission des transuraniens et de réinjecter ces derniers dans le réacteur pour produire  de l’énergie. Les déchets seront stabilisés après quelques centaines d’années, au lieu de 10,000 ans environ avec les déchets des réacteurs actuels.
  • L’opération à haute température permet de convertir 45 à 50% de l’énergie en électricité, au lieu de 33% pour les réacteurs à eau légère.
  • Différentes configurations de RSF sont possibles : petite ou grande échelle, surgénérateur ou « brûleur », à neutrons rapides ou thermiques, pour la production d’électricité ou de chaleur industrielle, avec combustible uranium, plutonium ou thorium (même si le thorium reste l’optimum).

Si on souhaite réduire la part du nucléaire dans la génération électrique à 50% en France, orientons le grand débat vers une transition à l’énergie du thorium, de sorte que ces 50% soient générés avec une forme d’énergie nucléaire renouvelable et durable.

Bonne rentrée à tous !

Le nucléaire, filière d’avenir : tout le monde a raison !

Ca y est, le grand débat sur la transition énergétique a démarré, avec les propos d’Arnaud Montebourg sur BFMTV dimanche, qui a qualifié le nucléaire de « filière d’avenir« .

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Ses remarques sont-elles vraiment en opposition avec les promesses du président de la république? Tout dépend de l’interpretation du mot « RENOUVELABLE« .

Si une source d’énergie qui a le potentiel de fournir l’ensemble des besoins énergétiques de l’humanité pendant au moins 1000 ans est considérée comme étant renouvelable, et bien l’énergie du thorium, libérée par un réacteur à sels fondus est renouvelable. Ce n’est pas le cas des réacteurs actuels de génération deux et trois qui utilisent l’énergie de l’uranium de manière inefficace.

Vu de cette façon, monsieur Hollande, qui a promis aux français qu’il favoriserait « la montée en puissance des énergies renouvelables en soutenant la création et le développement de filières industrielles dans ce secteur. » a raison.

Et monsieur Montebourg qui dit que le nucléaire est une filière d’avenir a raison aussi !

Quelle place pour l’énergie du thorium dans le ministère de Delphine Batho ?

Le gouvernement Ayrault de François Hollande se stabilise, avec la nomination jeudi de Delphine Batho au Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie.

Après avoir tenu les commandes depuis début mai, Nicole Bricq passe à sa collègue tous les dossiers sur l’énergie et l’environnement, y compris la responsabilité de définir la politique énergétique de la France.

Nicole Bricq et Delphine Batho

Nicole Bricq (à gauche) passe à Delphine Batho la responsabilité de définir la politique énergétique de la France

 

Energie du Thorium souhaite la bienvenue à Mme Batho. Saura-t-elle saisir les opportunités importantes offertes par le cycle de combustible au thorium ? Sera-t-elle prète à accélérer les recherches françaises dans les réacteurs à sels fondus, de sorte que la France devient un leader mondial dans le déploiement de cette technologie ? Saura-t-elle prendre du recul face au lobby des entreprises nucléaires françaises ?

Le temps nous dira…

Au Royaume-Uni, le débat sur le thorium entre au parlement

Les britanniques commencent à s’intéresser à l’énergie du thorium. Sous l’impulsion de la Weinberg Foundation, il s’est tenu en avril au palais de Westminster une première commission inter-parlementaire (All Party Parliamentary Group – APPG) sur ce thème, avec comme sujet :

Y a-t-il un futur amélioré, plus sûr pour l’énergie nucléaire ?

Avec des présentations du Prof. Jim Al-Khalili OBE (University of Surrey, Dept. of Physics,), Prof. Robert Cywinski (University of Huddersfield, Dean of Applied Sciences), Prof. Robin Grimes (Imperial College London, Dept. of Physics), et de Rob Arnold (Conseiller scientifique, DECC – Department of Energy and Climate Change).

Dans une présentation équilibrée et construite avec soin, avec le titre : Le nucléaire du futur et l’énergie au Royaume-Uni – le thorium peut-il jouer un rôle?, Rob Arnold du DECC a décrit, avec un détail impressionnant, les avantages et inconvénients du thorium. Une interpretation de sa réponse à la question qu’il a posé serait : “oui, mais, et bien … peut-être.”

Les passionés du thorium peuvent se réjouir : on n’a pas entendu « non. » !

M. Arnold a dit que le thorium, “pouvait apporter plusieurs avantages,” y compris  “une surgénération de combustible en cycle fermé potentiellement plus efficace, une radiotoxicité à long terme des déchets potentiellement moins importante, et une matrice pour l’isolation géologique des déchets potentiellement plus stable. » L’étendu de ces bénéfices serait dépendant du type de réacteur à thorium déployé.

M. Arnold fait bien son travail. Il fait partie d’un groupe DECC qui évalue le thorium, et l’évaluation est, pour l’instant, sans conclusion. Pour lui, le thorium fait partie d’une approche « voie ouverte ».

Source : article smartplanet de Mark Halper

Rob Arnold du DECC présente la position du gouvernement britannique sur l’énergie du thorium

En mai, le gouvernement britannique a publié un projet de loi qui cherche, entre autres, à encourager l’investissement dans le « nouveau nucléaire ».

En Belgique, la N-VA plaide pour une nouvelle centrale nucléaire au thorium

Le député belge Bert Wollants a indiqué mercredi que son parti N-VA est favorable à la construction d’une nouvelle centrale nucléaire au thorium en Belgique, selon un article paru dans Le Vif

La-N-VA-plaide-pour-une-nouvelle-centrale-nucl-aire-au-thorium

L’article ne spécifie pas avec quelle technologie de réacteur l’énergie du thorium serait exploitée…

Quelle politique nucléaire pour la Suisse?

La Suisse aimerait bien sortir du nucléaire avant 2035, mais pour le remplacer avec quoi ?

– Des centrales à gaz ?

– Des panneaux solaires au dessus des autoroutes ?

Rejoindre un effort international de développement de réacteurs à sels fondus au thorium permettrait de remplacer les réacteurs suisses actuels par une énergie à zéro émissions de CO2, avec un impact visuel minimum sur l’environnement.

S’il faut retarder de 10 ans l’arrêt des réacteurs à uranium actuels, utilisons ce temps pour développer une politique de leur remplacement par des réacteurs à thorium, en commençant par la sensibilisation des politiciens suisses !

Fermeture de Fessenheim

Fessenheim

Certaines personnes ne sont pas d’accord avec la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, notamment la CGT !

Tout dépendra si cette décision donnera un nouvel essor à la modernisation de la flotte de réacteurs française, avec une accélération du travail sur la génération 4, ou bien un ralentissement de la part du nucléaire dans la génération d’électricité en France.

Le projet de François Hollande – une nouvelle direction pour le nucléaire en France?

Au lendemain de l’élection présidentielle, rappellons le projet de François Hollande concernant le nucléaire en France :

Je préserverai l’indépendance de la France tout en diversifiant nos sources d’énergie. J’engagerai la réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% à l’horizon 2025, en garantissant la sûreté maximale des installations et en poursuivant la modernisation de notre industrie nucléaire. Je favoriserai la montée en puissance des énergies renouvelables en soutenant la création et le développement de filières industrielles dans ce secteur. La France respectera ses engagements internationaux pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Dans ce contexte, je fermerai la centrale de Fessenheim et je poursuivrai l’achèvement du chantier de Flamanville (EPR).

Un message contrasté :

– Comment faire concrètement pour réduire les gaz à effet de serre si l’énergie nucléaire est réduite?

– Une reconnaissance que les réacteurs les plus anciens présentent le plus de risques, et une modernisation prévue de l’industrie nucléaire, mais aucune mention des technologies de génération 4 (y compris les réacteurs à sels fondus).

– La France, leader mondial dans l’énergie nucléaire, envoie un message négatif au reste du monde en réduisant la part d’énergie nucléaire dans sa production d’électricité.

François Hollande est-il au courant des très grands avantages du cycle de combustible au thorium et des réacteurs à sels fondus ?