L’énergie du thorium s’invite à TEDxParis

Le 4 juin 2013 à la Gaîté Lyrique à Paris s’est tenue une édition de TEDxParis avec le thème « Ça marche ».

Parmi les 8 talks, Jean-Christophe de Mestral, auteur du livre L’atome vert – le thorium, un nucléaire pour le développement durable, a présenté les avantages de ce combustible nucléaire fertile. Le titre de son talk est « L’énergie du thorium, l’avenir vert du nucléaire ? »

De-Mestral est un membre fondateur de l’international Thorium Energy Committee (iThEC, Genève), qui a organisé la récente conférence scientifique internationale au CERN sur le thorium.

La Promesse de Pandore

« Je suis contre le nucléaire. Mais si ce que j’ai pensé tout ce temps était faux ? Peut-on être écologiste et être pro-nucléaire ? A la lumière du changement climatique, peut-on être écologiste et ne pas être pro-nucléaire ? »

Stewart Brand La Promesse de PandoreStewart Brand, un écologiste qui s’est battu toute sa vie contre le nucléaire, a changé d’avis.

Comme les autres personnes dans le film documentaire La Promesse de Pandore, il est arrivé à la conclusion que la meilleure façon de faire face au changement climatique et au réchauffement planétaire passe par le développement et le déploiement de l’énergie nucléaire.

Ce nouveau film révolutionnaire du réalisateur Robert Stone, plébiscité au Festival de Sundance, pose une question simple : et si la technologie que nous redoutons le plus pouvait nous permettre de sauver notre planète d’une catastrophe climatique certaine, tout en fournissant l’énergie nécessaire à des milliards de personnes dans les pays en voie de développement pour se sortir de la pauvreté ?

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Paris est radioactif ?!?! La Promesse de Pandore explique que la radioactivité est partout.

La force du nouveau film de Stone réside dans les histoires personnelles d’écologistes et d’experts en énergie qui ont été farouchement anti-nucléaires avant de revoir leur jugement, allant même jusqu’à risquer leur carrière et leur réputation. Robert Stone expose ainsi une controverse au sein du mouvement écologiste.

Le film a été projeté pour la première fois en France au cinéma Arlequin à Paris, le 17 septembre 2013, lors d’une séance organisée par la Société Française d’Energie Nucléaire (SFEN). A l’issu de la séance, lors d’une session de questions et réponses, le réalisateur a expliqué que la controverse autour du film est tellement forte que :

« On n’a pas trouvé de distributeur européen pour montrer ce film. Or cela fait 25 ans que je fais des documentaires, et ils sont toujours sortis en Europe. J’ai toujours trouvé des distributeurs, mais pas pour celui-là. Certains dirigeants de chaîne de télévision m’ont expliqué que tous ces grands distributeurs européens avaient investi tellement de temps et d’argent à produire des films anti-nucléaires, des documentaires qui contredisaient totalement ce que j’essayais d’expliquer dans mon film, qu’ils n’étaient pas prêts à faciliter une autre voix, une voix dissidente, celle qui est exprimé par mon film. Maintenant, c’est à vous de décider… Par exemple, Arté, qui me soutient depuis que j’étais un jeune cinéaste d’une vingtaine d’années, m’avait confié qu’ils n’étaient pas prêts à diffuser mon film parce qu’ils avaient diffusé d’autres documentaires qui mentaient ouvertement pusqu’ils déclaraient qu’un million de personnes étaient mortes à cause de Tchernobyl, ou que Fukushima allait contaminer l’intégralité de l’océan pacifique etc. Donc ils refusent de le projeter à la télévision. Donc j’ai décidé de court-circuiter les chaînes de télévision, d’où la sortie sur iTunes dans 25 pays, et maintenant c’est à vous de faire passer le mot et de parler de ce film. »

(pour voir l’ensemble de ce débat, cliquez ici.)

La Promesse de Pandore est disponible sur iTunes dans 25 pays, dont la France, à partir d’aujourd’hui.

Nota (05/07/2014) : Le film entier a été publié sur YouTube par Robert Stone et inséré dans cet article ce jour.

A ceux qui influencent la politique environnementale mais s’opposent à l’énergie nucléaire

Quatre scientifiques mondialement reconnus pour leur travail sur le réchauffement climatique ont écrit, dimanche 3 novembre, une lettre ouverte aux leaders mondiaux pour demander le développement et le déploiement de systèmes d’énergie nucléaires plus sûrs.

Climatologues

Kerry Emanuel, James Hansen
Ken Caldeira, Tom Wigley

 

Voici la traduction française.

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A ceux qui influencent la politique environnementale mais s’opposent à l’énergie nucléaire :

En tant que scientifiques du climat et de l’énergie préoccupés par le changement climatique global, nous vous écrivons pour vous exhorter à plaider pour le développement et le déploiement de systèmes d’énergie nucléaire plus sûrs. Nous apprécions les préoccupations de votre organisation sur le réchauffement climatique, et votre plaidoyer en faveur de l’énergie renouvelable. Mais l’opposition continue à l’énergie nucléaire menace la capacité de l’humanité à éviter un changement climatique dangereux.

Nous appelons votre organisation à soutenir le développement et le déploiement de systèmes d’énergie nucléaires plus sûrs comme un moyen pratique d’aborder le problème du changement climatique. La demande mondiale d’énergie croît rapidement et doit continuer à croître pour répondre aux besoins des pays en développement. En même temps, la nécessité de réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre devient de plus en plus claire. Nous ne pouvons augmenter l’approvisionnement en énergie tout en réduisant ces émissions que si les nouvelles centrales se détournent de l’utilisation de l’atmosphère comme un dépotoir à déchets.

Les énergies renouvelables comme l’éolien, le solaire et la biomasse vont certainement jouer un rôle dans une économie énergétique de l’avenir, mais ces sources d’énergie ne peuvent pas évoluer assez rapidement pour fournir une puissance fiable et pas chère à l’échelle exigée par l’économie mondiale. Bien qu’il soit théoriquement possible de stabiliser le climat sans l’énergie nucléaire, dans le monde réel, il n’y a pas de chemin crédible à la stabilisation du climat qui n’inclut pas un rôle important pour l’énergie nucléaire.

Nous comprenons que les centrales nucléaires d’aujourd’hui sont loin d’être parfaites. Heureusement, les systèmes de sécurité passifs et d’autres avancées peuvent rendre les nouvelles centrales beaucoup plus sûres. Et la technologie nucléaire moderne peut réduire les risques de prolifération et résoudre le problème d’élimination des déchets par l’incinération des déchets actuels et l’utilisation plus efficace du combustible. L’innovation et les économies d’échelle peuvent faire de nouvelles centrales moins chères que les existantes. Indépendamment de ces avantages, le nucléaire doit être encouragé sur la base de ses avantages pour la société.

Des analyses quantitatives montrent que les risques associés à une utilisation accrue de l’énergie nucléaire sont plus faibles par des ordres de grandeur que les risques associés aux combustibles fossiles. Aucun système d’énergie n’est sans inconvénient. Nous demandons seulement que les décisions sur les systèmes énergétiques soient fondées sur des faits, et non sur des émotions et des préjugés qui ne s’appliquent pas à la technologie nucléaire du 21ème siècle.

Même s’il n’y a pas de solution technologique miracle, le moment est venu pour ceux qui prennent au sérieux la menace du réchauffement climatique d’adopter le développement et le déploiement de systèmes d’énergie nucléaire plus sûrs comme une des technologies qui seront essentielles à tout effort crédible pour développer un système d’énergie qui ne repose pas sur l’utilisation de l’atmosphère comme un dépotoir à déchets.

Avec le réchauffement de la planète et l’augmentation plus rapide que jamais des émissions de dioxyde de carbone, nous ne pouvons pas tourner le dos à une technologie qui a le potentiel de remplacer une partie importante de nos émissions de carbone. Beaucoup de choses ont changé depuis les années 1970. Le temps est venu pour une nouvelle approche à l’énergie nucléaire au 21ème siècle.

Nous vous demandons et demandons à votre organisation de démontrer une préoccupation réelle pour les risques liés aux dégâts climatiques en appelant pour le développement et le déploiement de l’énergie nucléaire avancée.

Cordialement,

Dr. Ken Caldeira, scientifique principal, Département d’écologie globale, Carnegie Institution, USA

Dr Kerry Emanuel, scientifique atmosphérique, Massachusetts Institute of Technology, USA

Dr. James Hansen, climatologue, Columbia University Earth Institute, USA

Dr. Tom Wigley, climatologue, Université d’Adelaide, Australie & Centre National pour la Recherche Atmosphérique, USA

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Cette lettre est arrivée juste avant la diffusion jeudi 7 novembre du film Pandora’s Promise, de Robert Stone, sur la chaîne américaine CNN. La diffusion de ce film a été refusée par les grandes chaînes européennes – il sera disponible sur iTunes le 10 décembre.

Photos : Carnegie Institution, MIT club of Austin & San Antonio, Washington Postadelaidenow.com.au

L’énergie durable — Pas que du vent !

David MacKay, membre de la Royal Society, est Professeur de philosophie naturelle du département de physique de l’Université de Cambridge et conseiller scientifique en chef du Département de l’Énergie et du Changement Climatique britannique (DECC).

En 2008, il a écrit un livre sur la consommation d’énergie et la production d’énergie sans combustible fossile, récemment traduit en français et présenté sous le titre L’énergie durable — Pas que du vent.

Les critiques en font l’éloge

Rue89 : « un ouvrage étonnant. […] Avec beaucoup de clarté et d’humour, il dresse un état des lieux lucide et donne un certain nombre de perspectives pour l’avenir énergétique de la planète. »

Fabrice Nodé-Langlois, Le Figaro : « [Ce livre] est un ovni. […] Tous les participants au débat national sur la transition énergétique devraient s’en emparer, ainsi que tous les citoyens qui s’intéressent à la question. »

Ce livre important est dédié « à tous ceux qui ne pourront pas profiter des réserves d’énergie accumulées pendant deux milliards d’années ». Il est disponible à lire en ligne ou à télécharger gratuitement.

Lettre au SNETP

Le « Sustainable Nuclear Energy Technology Platform » (SNETP) existe pour promouvoir la recherche, le développement et la démonstration des technologies de fission nucléaire dans l’Union Européenne.

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Le SNETP a lancé une consultation publique sur la mise à jour 2013 de son Agenda Stratégique de Recherche et Innovation (ASRI). Le projet de document est disponible sur son site internet.

Vous pouvez envoyer vos commentaires sur ce projet de document à  secretariat@snetp.eu avant le 10 janvier 2013.

Voici les miens :

De: Energie du Thorium <energieduthorium@gmail.com>
Date: 2013/1/8
Objet: Sauvegarder la recherche sur le thorium et les réacteurs à sels fondus dans l’Union Européenne
A: secretariat@snetp.eu

Madame, Monsieur,

Ayant suivi le travail du SNETP, j’étais très décu de trouver, après lecture du projet de document pour l’Agenda Stratégique de Recherche et Innovation (ASRI), qu’il diminue l’importance du cycle de combustible au thorium et des réacteurs à sels fondus (RSF). En effet, le changement du nom de ce document pour inclure le mot « Innovation » semblerait souligner le besoin grandissant d’explorer des technologies radicalement différentes.

Je vous recommande vivement de reconsidérer et de réintégrer dans l’ASRI 2013 les excellentes annexes sur les cycles de combustible au thorium et les systèmes de réacteurs à sels fondus. Je demande que l’ASRI 2013 intègre une discussion sur les réacteurs à sels fondus à neutrons thermiques ou rapides, conduisant à une recherche continue et élargie dans ce domaine et l’ajout d’au moins un concept de réacteur à sels fondus dans la feuille de route ENSII et le cadre de financement « Horizon 2020 » associé.

Étant donné que la sécurité et le combustible usé sont des priorités pour le SNETP, il est étrange que les cycles de combustible au thorium et les réacteurs à sels fondus ne reçoivent pas une attention plus importante dans l’ASRI 2013.

Les avantages potentiels des cycles de combustible au thorium étaient bien documentés dans l’annexe du SNETP. Comme le dit votre annexe, le thorium étant fertile il a toujours besoin de l’ajout de matière fissile, généralement de l’uranium hautement enrichi (UHE) ou du plutonium. Ainsi le combustible thorium, sous forme de sel fondu ou d’oxyde solide, serait un excellent moyen de réduire les stocks européens de déchets nucléaires. L’annexe SNETP reconnaît, au moment d’une demande mondiale croissante pour l’uranium, que les cycles alternatifs de combustible doivent être pris en considération. En outre le thorium, avec son point de fusion très élevé, est idéal pour les réacteurs à haute température et très haute température, qui tous deux seront essentiels à la réalisation de l’Initiative Industriel de Co-génération Nucléaire du SNETP.

Les RSF offrent des bénéfices exceptionnels en sécurité, y compris la régulation de température passive et une faible pression de fonctionnement. Le combustible liquide dans un RSF peut être transféré en toute sécurité dans les réservoirs de vidange à tout moment pendant le fonctionnement, si cela est nécessaire pour arrêter la réaction en chaîne. En outre, les sels fondus sont des liquides de refroidissement très efficaces avec une grande capacité thermique, ce qui permet une conversion thermique-électrique d’efficacité remarquable. Certains modèles de RSF comprennent un retraitement en ligne du sel qui permet l’élimination continue des produits de fission, et une consommation élevée du combustible. Associés au thorium comme combustible abondant, les RSF produiront très peu de déchets de haute activité, et presque pas de plutonium.

Pour revenir sur quelques parties spécifiques du projet de document que je trouve être de préoccupation particulière :

p10: « En ce qui concerne l’évaluation 2010 des technologies, le sodium est toujours considéré comme la technologie de référence parce qu’il bénéficie d’un retour d’expérience plus important sur la technologie et avec des réacteurs opérationnels » : Sûrement, le critère principal pour l’évaluation des technologies de réacteurs devrait être leur capacité à remplir les objectifs ambitieux du SNETP ?

p5: « La sécurité des installations nucléaires est le résultat d’un processus permanent d’amélioration » : Des améliorations de sécurité majeures peuvent également être obtenues en adoptant une nouvelle technologie de rupture.

p26: « Bien que techniquement possible, le cycle de combustible basé sur le thorium (…) n’est pas mis en œuvre à une échelle industrielle aujourd’hui dans les pays européens »: On ne l’a pas fait, donc on ne peut pas le faire ?

p29: « Une stratégie intéressante pour le long terme pourrait être l’association de technologies de réacteurs à sels fondus (RSF), à neutrons thermiques ou rapides, avec le cycle de combustible au thorium » : Le document ne semble offrir aucune justification de pourquoi cela devrait être une stratégie « long terme ».

p71 (tableau 2): Merci d’ajouter une ligne pour les réacteurs à sels fondus, qui seraient très appropriés pour les applications de chaleur industrielle.

Depuis plus de quarante ans, l’Europe a été le centre mondial de recherche et développement pour le thorium et les RSF, avec des programmes novateurs à travers l’Europe, en France, en République Tchèque, l’Allemagne, la Norvège, le Royaume-Uni et dans d’autres pays. Depuis un an l’intérêt international pour le thorium et les RSF a été réveillé. La Chine, l’Inde et le Japon ont annoncé, ou sont sur le point d’annoncer, des projets de recherche sur les réacteurs à sels fondus et au thorium. A ce moment critique et passionnant, je vous demande de confirmer la présence des chercheurs européens à la pointe de la recherche et de la commercialisation du thorium et des RSF.

Le thorium et les réacteurs à sels fondus, en complément des technologies nucléaires existantes ont un rôle clair à jouer dans un écosystème d’avenir d’énergie nucléaire. Le monde a besoin d’une industrie nucléaire européenne qui accepte des solutions innovantes en continuant à améliorer les technologies existantes. Ce n’est pas le moment pour l’Europe d’abandonner ou de reléguer la recherche sur les réacteurs à sels fondus et le thorium. Les chercheurs nucléaires en Europe ont l’opportunité d’être les leaders mondiaux dans le développement et la commercialisation d’une nouvelle technologie majeure d’énergie à faible émission de carbone, avec de grands avantages pour le monde. Nous ne devons pas laisser cette opportunité nous échapper. J’espère que vous serez d’accord pour réinsérer les réacteurs à sels fondus et le thorium dans l’ASRI 2013. Je vous remercie de votre attention.

Je vous prie Madame, Monsieur, d’agréer l’expression de mes sentiments distinguées.

John Laurie

Nota : La version originale de cette lettre a été envoyée au SNETP en anglais.

Vidéos de la conférence ThEC12 publiées sur le site IThEO

IThEO est l’organisation internationale pour l’énergie du thorium.

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Suite au succès de la conférence ThEC12 à Shanghai, Chine entre le 29 octobre et le 1ier novembre, IThEO a publié sur leur site internet les vidéos de toutes les présentations.

 

Peut-on dire le mot « Thorium » en public ?

Oui, on peut ! Le public était nombreux le 22 novembre rue de Poissy à Paris pour écouter scientifiques et industriels venus parler du « nucléaire du futur ».

Il faut d’abord souligner la qualité de l’organisation de ce colloque par la Fondation Ecologie d’Avenir, le lieu exceptionnel qu’est le collège des Bernardins, et la qualité de présentation de tous les intervenants. Merci à tous !

Mais si les intervenants de la communauté scientifique semblent prêts à imaginer un futur où le thorium jouerait un rôle majeur dans la production d’énergie, avec des ruptures technologiques pour améliorer rendement, sécurité et gestion des déchets, les intervenants coté industrie semblent convaincus que l’ancien nucléaire du futur demeure la meilleure voie à étudier et développer.

Rubbia et Béhar

Quand Carlo Rubbia, Prix Nobel de Physique, prend le micro pour vanter les avantages de l’énergie du thorium, le Directeur de l’énergie nucléaire au CEA Christophe Béhar est-il un peu gêné ?

La France a certes accumulé une vraie expertise avec la technologie des réacteurs à neutrons rapides (RNR) au sodium comme Phénix et Superphénix, et on peut comprendre la volonté de construire sur cette expertise avec un programme comme Astrid (500 personnes, 10 entreprises). Mais une stratégie de recherche et développement devrait être basée sur une analyse rationnelle et impartielle du potentiel scientifique de chaque technologie, et regarder au-delà des technologies dont on a l’habitude.

Astrid

Avec le programme ASTRID, la France a-t-elle mis tous ses œufs dans le même panier ?

 

Quand Daniel Heuer explique que le réacteur à sels fondus « Molten Salt Fast Reactor » (MSFR) développé par l’équipe CNRS / LPSC de Grenoble avec un budget minuscule a bien la capacité à devenir un réacteur industriel, qu’il est un « mange-tout », capable de transformer les déchets nucléaires des réacteurs actuels en énergie, de fonctionner au thorium, uranium ou plutonium avec une sécurité améliorée grace à un combustible liquide à pression atmosphérique, il faut qu’il soit écouté, et il faut ajuster la politique et la stratégie de la R&D française en conséquence.

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Daniel Heuer : « Le MSFR est un mange-tout »

 

Il est bon de parler. Continuons ce débat, en toute transparence. Le public en est demandeur.

La voiture nucléaire

Nos voitures seront-elles bientôt propulsées par l’énergie nucléaire, comme celles-ci ?

Voitures nucléaires

Euuuh, non.

Mais la voiture nucléaire est déjà une réalité. Avec environ 75% d’électricité française produite par des réacteurs nucléaires, 3 voitures électriques françaises sur 4 sont des voitures nucléaires !

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En France, 3 Zoe sur 4 sont propulsées au nucléaire

Evidemment, tous les pays ne sont pas équipés en réacteurs nucléaires comme la France. Et les voitures électriques restent pour l’instant limitées en autonomie par rapport à leurs cousines thermiques. De plus, comment faire pour éliminer les émissions CO2 des autres modes de transport – camion, bus, bateau, avion… ?

Eh bien, un réacteur nucléaire à sels fondus peut apporter la solution. Ce type de réacteur fonctionne avec un combustible liquide, permettant un fonctionnement à pression atmosphérique et haute température. Cette haute température permettrait de produire des carburants de synthèse à partir de la chaleur du réacteur.

Carburants de synthèse

L’hydrogène peut faire fonctionner une pile à combustible, mais il faut le stocker à pression très élevée. L’azote et le charbon peuvent transporter l’énergie potentielle chimique de l’hydrogène. L’éther méthylique peut remplacer le gazole. Si on prend le cas du méthanol, qui peut remplacer l’essence dans un moteur à combustion interne, à quoi ressemblerait notre voiture nucléaire ?

Voiture au thorium

L’énergie du thorium est convertie en chaleur par le réacteur à sels fondus. Les produits de fission sont séparés du sel de combustible : après une isolation géologique de 300 ans ils n’ont plus de radioactivité significative. La haute température du sel sortant des échangeurs de chaleur du réacteur permet de produire d’abord de l’hydrogène puis du méthanol, qui est brulé par le moteur de la voiture. Notez que les échanges entre ces processus et l’environnement sont neutres : pour le CO2 par exemple, on absorbe autant dans la fabrication du méthanol que ce qui est rejeté par la combustion du moteur de la voiture.

L’hydrogène est produit par le cycle soufre-iode :

Production hydrogène

Les hautes températures demandées par ce processus sont impossible à atteindre pour un réacteur à eau pressurisée classique. Pour produire efficacement des carburants liquides de synthèse à partir de l’énergie nucléaire, il est nécessaire – et urgent, de changer de technologie.

La Chine croit fort à cette solution. Lors de la conférence ThEC12 début novembre à Shanghai, Xu Hongjie, directeur du Centre pour le Réacteur à Sels Fondus au Thorium de l’académie des sciences de la Chine, a annoncé qu’un prototype pour la production du méthanol à 1 kilogramme / heure sera produit pour 2015.

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Photo : Mark Halper

 

Article inspiré par ceux de Mark Halper et Robert Hargraves

Le nucléaire, filière d’avenir : tout le monde a raison !

Ca y est, le grand débat sur la transition énergétique a démarré, avec les propos d’Arnaud Montebourg sur BFMTV dimanche, qui a qualifié le nucléaire de « filière d’avenir« .

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Ses remarques sont-elles vraiment en opposition avec les promesses du président de la république? Tout dépend de l’interpretation du mot « RENOUVELABLE« .

Si une source d’énergie qui a le potentiel de fournir l’ensemble des besoins énergétiques de l’humanité pendant au moins 1000 ans est considérée comme étant renouvelable, et bien l’énergie du thorium, libérée par un réacteur à sels fondus est renouvelable. Ce n’est pas le cas des réacteurs actuels de génération deux et trois qui utilisent l’énergie de l’uranium de manière inefficace.

Vu de cette façon, monsieur Hollande, qui a promis aux français qu’il favoriserait « la montée en puissance des énergies renouvelables en soutenant la création et le développement de filières industrielles dans ce secteur. » a raison.

Et monsieur Montebourg qui dit que le nucléaire est une filière d’avenir a raison aussi !

Quelle place pour l’énergie du thorium dans le ministère de Delphine Batho ?

Le gouvernement Ayrault de François Hollande se stabilise, avec la nomination jeudi de Delphine Batho au Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie.

Après avoir tenu les commandes depuis début mai, Nicole Bricq passe à sa collègue tous les dossiers sur l’énergie et l’environnement, y compris la responsabilité de définir la politique énergétique de la France.

Nicole Bricq et Delphine Batho

Nicole Bricq (à gauche) passe à Delphine Batho la responsabilité de définir la politique énergétique de la France

 

Energie du Thorium souhaite la bienvenue à Mme Batho. Saura-t-elle saisir les opportunités importantes offertes par le cycle de combustible au thorium ? Sera-t-elle prète à accélérer les recherches françaises dans les réacteurs à sels fondus, de sorte que la France devient un leader mondial dans le déploiement de cette technologie ? Saura-t-elle prendre du recul face au lobby des entreprises nucléaires françaises ?

Le temps nous dira…